jeudi 29 septembre, 2022 | 18:09

Les Délires de Mada : Ouaga, Le récit d’un séjour à la fois malheureux et heureux !

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La conviction a, au moins, le mérite de nous maintenir dans la bataille !

10 jours de tristesse, de réflexion, de rencontre, de motivation et d’espoir, c’est ce qui résume mon récent séjour à Ouagadougou. Au-delà de la raison de ma mission dans la capitale burkinabè, je savais ce qui m’attendait : les maux de tête, les maux de cou, les nuits blanches, le rehaussement de mon courage, le renforcement de mon espoir, ma désolation de la condition humaine.

Le 21 août 2022, à bord d’un car de transport en commun, je quittais Nouna pour Ouaga. A la sortie de Nouna, la seule préoccupation, c’est d’arriver sain et sauf à Dédougou. Les populations de la zone savent de quoi je parle. Arrivé à Bourasso, une localité abandonnée par ses habitants à cause de l’insécurité… Moi j’ai particulièrement un souvenir macabre pour avoir été le premier journaliste à voir le drame qui a eu lieu dans ce village dans la nuit du 03 au 04 juillet 2022 ( Une vingtaine de civils ont perdu la vie ce jour là). A partir de Dédougou jusqu’à Ouaga, c’est comme quitter l’enfer pour le paradis !

De l’entrée de Ouaga à la gare, mes maux de cou ont commencé. Après une vingtaine de minutes d’attente, mon cousin est arrivé pour me chercher. Derrière lui sur sa moto, ma tête tournait dans toutes les directions pour contempler chaque voiture, chaque immeuble, chaque alimentation, chaque échangeur… << Comment ont-ils eu l’argent pour réaliser toutes ces infrastructures et acquérir tous ces biens ?>> C’est ainsi que je mettais mal à l’aise mon cousin qui s’efforçait de répondre : << Mon petit, Ouaga c’est technique >> ! Avant d’arriver à la maison, mon cou me faisait déjà très mal car les étages sont si hauts.

A peine mon oncle m’a souhaité la bienvenue, je me suis précipité dans les toilettes pour pleurer et vomir. Comment voir une maison construite à coût de milliards sachant que chez moi le défi, c’est de manger deux fois par jour ; comment voir ces voitures achetées à coût de plusieurs millions sachant que chez moi, la priorité c’est l’accès à l’eau potable ; comment ne pas pleurer quand on voit ces échangeurs ( je n’ai d’ailleurs jamais compris comment font les Ouagalais pour savoir où ils vont ) pendant que chez moi, le souci, c’est d’avoir le prix d’un litre d’essence ?

Ma première nuit, je n’ai pas dormi. J’ai philosophé jusqu’au petit matin. C’est là que mes maux de tête ont commencé. Le lendemain, m’a mission a débuté. Malgré leurs calendriers chargés, tout le long de mon séjour, j’ai pu rencontrer des amis, des fans et des autorités en marge de mes activités. Les amis et fans m’ont fait découvrir des lieux chics. Djaa les maquis et les boîtes de nuits de Ouaga dépassent les usines ! En regardant une centaine de personnes danser dans une boîte où les filles rivalisaient en terme d’habillement indécent, j’ai pensé aux milliers de personnes déplacées internes de chez moi et j’ai longuement réfléchi sur la condition humaine : << Pendant que certains pleurent, d’autres rient >>. J’ai aussi eu l’honneur de bénéficier de la compagnie de plusieurs autorités qui ont sans doute réaménagé leur programme pour moi. Enfin, grâce à elles, j’ai goutté au placali, au chawarma, et j’en oublie en ce qui concerne le nom de ces repas souvent chers mais qui ne sont même pas doux comme notre tô là. Dans la voiture de l’une d’entre elles, j’ai pu me débrouiller pour mettre la ceinture de sécurité. Mais au moment de descendre, j’ai dû demander comment on enlève ce truc là. Pire, j’ai essayé d’ouvrir la portière en vain. Connaissez vous la honte de ça ? Moi qu’on admire pour la qualité de ma plume, djaa je ne peux même pas ouvrir la portière d’une voiture ? Je sais que mes amis Bwaba vont en rire. Alors, je leur lance ce défi : je vais conduire une voiture qui m’appartient bien-sûr et dans un délai de 04 ans. Même s’il faut vendre tous les Bwaba et Bobo de la Kossi, je vais acheter cette voiture là au plus tard en 2026.

A ces autorités qui ont sacrifié leur temps pour moi, je leur dis merci. Il y a surtout que mes entretiens avec elles ont changé ma vie. J’ai beaucoup appris en dehors de ma fructueuse mission. Mon Koro, ce que vous avez appelé causerie a été un cours de motivation pour moi. Mon cher Tonton, entendre votre parcours en Afrique et en Europe bien que vous soyez d’une famille modeste m’a donné l’espoir quant à une éventuelle réussite dans ma vie. Votre appréciation de ma plume a rehaussé ma passion et me pousse à persévérer. A toutes ces autorités avec qui j’ai rêvé durant les échanges, Mada est fier de votre sens du partage d’expériences. A vous mes amis, merci pour les bons moments passés ensemble au point que j’ai duré à Ouaga plus que prévu.

Malade, pensif, cou endolori, maux de tête mais avec un teint un peu brillant et désormais plus courageux, plus expérimenté, plus ambitieux et très rêveur, le 30 août 2022, j’ai rejoint mon Nouna natal. Mais attendez, qu’est-ce qui s’est passé à mon absence ici ? On dirait que les gens ne mangeaient pas là ! Mais il n’y avait pas de l’eau pour vous laver ou quoi ? Haï ! 🤣🤣🤣. Ne m’en voulez pas hein ! Je suis un garçon perdu à la recherche d’un me pour l’ajouter à mon Mada.

Issa Mada Dama
Timbanews.net

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