mercredi 7 décembre, 2022 | 9:59

Kossi: Le calvaire des populations de Toni

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Toni est l’un des villages qui composent la commune urbaine de Nouna. Il est situé sur l’axe Nouna-Dokuy au sud-ouest à 15 km de la ville de Nouna, chef-lieu de la province de la Kossi. Si le pont dudit village communément appelé ‘’pont de Toni’’ est perçu comme un cordon ombilical reliant les deux communes surtout en saison pluvieuse, les dégâts qu’il cause aux populations environnantes sont énormes. Entre inondations de champs, de villages et des cas de noyade, les victimes ne savent plus à quel Saint se vouer.

En saison hivernale, rallier le chef-lieu de la Kossi, Nouna en provenance notamment des villages de l’ouest relève d’un parcours de combattant.  Pour cause, l’état piteux des voies. Si par certains endroits des ponts ont été réalisés pour soulager les usagers de ces routes, leur inadaptation demeure un lourd fardeau pour les populations. C’est entre autre le cas du pont de Toni. En effet, à l’image des années précédentes, Toni est confronté à la furie des eaux. Cette année, depuis le 14 août 2020, le village est au four et au moulin pour sauver leurs habitations et champs des eaux débordantes du pont.  Par endroit l’on aperçoit des tas de sacs de terre en forme de digues pour contraindre les eaux sortant du pont à suivre le lit du fleuve pour éviter qu’elles n’envahissent davantage les champs. Il en est de même pour celles se convergeant vers le village.

« Nous avons passé toute la journée d’hier à construire des digues pour empêcher l’eau de rentrer dans le village. Demain encore, nous ferons le même travail.  Vous voyez les tas de sacs, le champ inondé, c’est pour empêcher que l’eau n’envahisse le reste du champ. C’est devenu notre cauchemar à chaque hivernage », s’est exclamé le sexagénaire Yantin Dembélé, originaire de Toni. Comme si ses dires n’étaient pas suffisants pour nous en convaincre, Dembélé nous conduit jusqu’à la rive d’où partent les eaux du fleuve jusqu’au village. 

A ce niveau, il martèle que ce sont plus de 500 sacs de terre qui y ont été déposés pour barrer la route aux eaux mais force est de constater que cela n’arrive pas à entraver l’écoulement vers le village. De ses propos, la liste des victimes du pont de Toni est longue. Pour la saison pluvieuse écoulée dit-il, ce sont deux adolescents qui y ont perdu la vie par noyade. Un garçonnet de 8 ans  et une fille de 15 ans dont les corps ont été repêchés respectivement deux jours plus tard pour le garçonnet  le 3è jour pour la fille.

« L’accès à mon champ est conditionné par la traversée du pont. Il y’a des moments où nous ne pouvons pas aller au champ à cause de l’eau. L’étroitesse du pont fait que les eaux débordent et inondent nos champs. Cela impacte négativement notre production agricole et entraine très souvent la famine dans les familles touchées. Si vraiment les autorités pouvaient nous venir en aide en trouvant une solution au problème du pont, cela nous soulagerait beaucoup », a lancé Mamoudou Traoré revenant de son champ.   

Issa Lazare Kolga

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