vendredi 12 août, 2022 | 14:37

Enseignement technique et professionnel : un cas d’école nommé Cissé Zoenabo à Yako

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Dans la province du Passoré nous avons été impressionnés au Lycée professionnel agricole de Yako par le parcours d’une élève en classe de Bac Pro 2 du nom de Zoenabo Cissé. Mademoiselle Cissé, a été au début l’objet de railleries de la part de ses amies de classe , étonnées qu’elle aille s’inscrire pour apprendre à « cultiver ». Mais persuadée que l’avenir et le développement du Burkina Faso passeront par sa contribution dans ce domaine, Cissé Zoenabo fait fi de leurs sarcasmes. Récit de son cursus professionnel!

« Au début je ne voulais pas faire la technique. Je voulais après mon CEP poursuivre les études dans l’enseignement général. Mais la proximité de l’établissement (Lycée professionnel agricole) d’ avec notre lieu d’habitation a été l’argument que papa utilisa pour m’inscrire au Lycée tout juste après son ouverture en 2013. », nous confie d’entrée Cissé Zoenabo.
« Mes camarades me tournaient en dérision en me disant que nous savons déjà cultiver, pourquoi apprendre à cultiver au lycée? Sinon, il était préférable d’abandonner l’école et aider mes parents aux champs. De retour du Lycée ils se moquaient éperdument de moi en m’appelant  » kakoada » en langue mooré (paysanne) . »
Déterminée dans son choix, elle reste donc ferme sur sa résolution de se perfectionner dans l’agriculture. « Après l’obtention du CAP , j’ai poursuivi les études, j’ai réussi au BEP puis, l’année passée j’ai fait le bac Pro.1 et cette année c’est le BAC pro 2. Plusieurs d’entre eux après leur BEPC, sont venus s’inscrire au lycée pour faire le BEP . », poursuit-elle, l’air revancharde.

Monsieur Oumarou Cissé est le père de Mademoiselle Cissé. Approché, le papa se réjouit à l’idée d’ avoir inscrit sa fille au lycée.  » J’ai pensé qu’inscrire ma fille pourrait nous être profitable car si quelqu’un a des connaissances en agriculture et en élevage, c’est plusieurs personnes qui vont en profiter. J’ai surtout été conquis quand elle a donné les traitements appropriés aux poulets dans ma cour et qu’ils ont été protégés contre la maladie de Newcastle. Je remercie Dieu pour cela. En outre, la méthode que j’ai apprise avec elle pour mettre l’engrais dans mon champ, est plus efficace, nous fait économiser en sacs d’ engrais et donne un meilleur rendement. « 

Pour allier la théorie à la pratique , avec l’aide de son père, Mademoiselle Cissé s’exerce dans l’élevage de la volaille. Cinquante(50) poules y compris les poussins sont présentement sous sa supervision.  » Cette année, pendant les fêtes j’ai pu obtenir un revenu substantiel dans la vente des poules. C’est ce qui fait qu’il ne me reste plus beaucoup de poules. Aussi, je suis contente de voir les grossistes venir s’approvisionner de temps en temps. Je rêve d’être une grande entrepreneure dans le domaine de l’agro- sylvo-pastoralisme, et ainsi contribuer à l’auto suffisance alimentaire dans mon pays car avec tout ce que j’ai appris, si j’ai un grand espace et le minimum pour commencer, je compte les mettre en pratique en commençant par l’agriculture, les cultures céréalières et les cultures maraîchères. »

« Il n’y a pas de métiers réservés aux filles, nous pouvons travailler comme les garçons et subvenir aux besoins des parents et ainsi nous contribuerons au développement de notre pays. » On le voit bien, la jeune demoiselle qui n’a rien perdu de sa féminité, a de la suite dans les idées et de l’ambition à revendre.


Source: DCPM/MENAPLN.

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