jeudi 1 décembre, 2022 | 0:03

Dedougou : Sadia Cissé vend des condiments au grand marché

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Dans notre société, certains métiers semblent réservés aux hommes et d’autres aux femmes. C’est le cas de la vente de condiment qui est non seulement considérée comme une activité secondaire mais qui est surtout exercée par des femmes. Sadia Cissé, lui, fait l’exception. Depuis 2018, il vend des condiments au grand marché de Dédougou. Allons à la découverte de ce jeune plein de courage.

Né à Nian, village situé à une trentaine de kilomètres de Nouna, Sadia Cissé est arrivé à Dédougou en 2011 pour continuer ses études secondaires. Après deux tentatives malheureuses à l’examen du baccalauréat série D, il abandonne les bancs pour tenter sa chance dans les concours directs. Admissible au concours des Gardes de sécurité pénitentiaire (GSP), il est recalé au niveau de la visite. C’est alors qu’il s’inscrit dans une école privée de formation des enseignants du primaire. Là également, il n’a pas eu la chance de réussir le test pour intégrer la fonction publique après deux tentatives. Mais loin de s’apitoyer sur son sort, il a trouvé la force mentale d’exercer un métier dit de femme : le commerce de condiment.

Sadia Cissé dans son atelier

« Cette une tante qui m’a proposé de l’aider à vendre des condiments au marché central de Dédougou. J’ai essayé depuis en 2018 c’est devenu une passion pour moi », nous explique Sadia Cissé. Le métier semble bien nourrir son homme. Prenant l’exemple sur les oignons, Sadia confie ceci : « J’achète le sac à 20 000 francs pour le revende en détail à 25 000 francs. Je peux vendre un à deux sacs par jour selon la situation du marché ». Ce qui lui génère un bénéfice journalier de 5 000 à 10 000 francs en plus des gains dans la vente de choux, de piment, de de tomate, de courgette et autres. Mieux, il reçoit énormément de compliments venant de ses clients. « J’ai deux sortes de clients. Ceux qui viennent acheter chez moi parce que je suis un homme et ce qui tombent sur moi par hasard. Dans les deux cas, ils m’encouragent généralement à continuer. Vraiment je suis heureux d’exercer ce métier. Bien sûr qu’il y a des gens qui me regardent bizarrement et se demandent pourquoi je fais un travail de femme. Certains ne manquent d’ailleurs pas de me le dire. Mais pour moi, autant il n’y a pas de sot métier, autant il n’y a pas de métier réservé aux hommes ou aux femmes. Je gagne mon pain quotidien dans ce travail et mon ambition c’est d’agrandir mon atelier et opérer des innovations pour mieux attirer la clientèle », a-t-il terminé.

Issa Mada Dama

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