mardi 16 août, 2022 | 19:51

Kolonzo ou le village caché : un site touristique à découvrir

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Dans la commune de Djibasso, à une dizaine de kilomètres au nord, se situe un village, pas comme les autres. Kolonzo, ainsi s’appelle-t-il, est un village au cœur des montagnes. Plein de curiosités, le village natal de Nabi Issa  Coulibaly, ex Directeur général de La Poste Burkina, offre un total régal aux visiteurs. Découvrons-le !

Par un beau matin du jeudi 04 juin 2020, percé sur notre monture, nous voici en route pour la commune de Djibasso, dans la province de la Kossi, région de la Boucle du Mouhoun, avec pour destination l’emblématique village de Kolonzo. Arrivé à Djibasso, nous bifurquons vers le nord. A moins d’un kilomètre, l’aventure n’avait rien de semblable, comparée avec le trajet Nouna-Djibasso qui s’est effectué sur une voie bitumée. La route est devenue un véritable parcours de combattant. Les secousses, monter,  descendre, les accidents à cause des grosses pierres qui obstruent le passage, telles sont les difficultés endurées pour arriver à Kolonzo. Nous bravons ces peines, non sans fatigue, mais avec la détermination de découvrir le fameux village. Nous ne serons pas déçus car Kolonzo force l’admiration. A l’entrée, ce sont les roches qui forment le comité d’accueil. Petit à petit, l’on découvre les concessions. Elles sont pour la plupart en pierres entreposées. La vue des bâtiments fait penser à un autre monde. Il faut d’ailleurs se hisser au-dessus des pics pour bien en profiter. La cour du chef du village présente une architecture très admirable.

La cour du chef de Kolonzo

C’est une délégation composée d’une dizaine de leaders qui nous a fait faire le tour du village, en nous déroulant la valeur de chacun des endroits visités. Nous avons également eu droit à un cours d’histoire sur Kolonzo. Ainsi, le nom du village ferait référence à Kossobè, le nom de son premier occupant qui serait venu de Kossoba, un village situé dans les Banwa. Le village abrite environ 700 personnes appartenant à 4 confessions religieuses à savoir le catholicisme, le protestantisme, l’islam et le traditionalisme. Il est divisé en 3 quartiers que sont Kolonzokuy, Sinsio, Monikuy et est entouré par les villages de Donkôrô à l’est, Prahuy à l’ouest, Bankouma au nord et au sud Djibasso. C’est le village de Bankouma qui sépare Kolonzo de la frontière du Mali avec une distance d’environ 8 kilomètres. L’activité principale des habitants est l’agriculture à travers la production de fonio, de sésame, de petit mil, de sorgho et de poids de terre. Certains s’adonnent parallèlement au commerce entre villages et d’autres à l’élevage. Un marché hebdomadaire réuni de nombreux marchands qui bravent l’état défectueux de la route en provenance des villages voisins et aussi du Mali.

Un tronçon de la route de Kolonzo

     Les conditions de vie des habitants

Au-delà de l’impressionnante attraction de Kolonzo au regard des potentialités touristiques et culturelles, le village fait face à d’énormes défis. Le plus en vue est son accessibilité. En effet, la route qui mène à Kolonzo est pleine de roches qui ne facilitent pas la traversée. En plus de fatiguer les usagers, cette voie cause d’énormes autres dommages aux habitants. Elle provoque souvent des avortements involontaires des femmes enceintes qui doivent l’emprunter pour se rendre au dispensaire de Djibasso. De plus, plusieurs projets de développement sont bloqués à cause de l’inaccessibilité de Kolonzo. « Il y a l’école de notre village qui a seulement trois salles de classes. Les financements pour compléter les salles au nombre de six. Mais les travaux sont à l’arrêt à cause de l’insécurité dans la sous-région,  nous confie Coulibaly Missac, membre du conseil villageois de développement (CVD).

Missac Coulibaly

Que dire alors quand on sait que les populations de ce village expriment le besoin de construction d’un collège et aussi d’un centre de santé et de promotion sociale (CSPS). L’autre problème de Kolonzo concerne celui de l’eau potable. En effet, le village compte deux forages qui ne comblent pas le besoin des populations. Ce ne sont pourtant pas les opportunités qui manquent pour réaliser des points d’eau potables supplémentaires. Coulibaly Moulaye, membre CVD explique :« Un projet a voulu nous offrir une fontaine d’eau. Mais les outils nécessaires pour le travail n’ont pas pu être acheminés au village, encore à cause de la voie ».

Moulaye Coulibaly

Au regard de ces conditions difficiles de vie des habitants, plusieurs d’entre eux sont  adeptes à l’exode rural ou encore à l’émigration vers le Mali. Ce qui entraine la fuite des bras valides. Il est aussi fréquent que des familles se déplacent définitivement. Ce qui porte également un coup à la fréquentation scolaire. Kolonzo souffre surtout du manque de réseau téléphonique. Les habitants se servent d’ailleurs de ceux du Mali voisin pour communiquer. Là aussi, il faut monter sur les rochers pour être joignable. Cette situation fait que les populations sont sous informées. Pour l’anecdote, le président du conseil villageois de développement, Coulibaly Djibalo nous confie ceci : « Nous avons appris la crise sanitaire provoquée par la pandémie de coronavirus assez tardivement. Imaginez pour d’autres situations très urgentes ». Notons que les télévisions nationales y sont aussi inaccessibles. Pour le maire de Djibasso, Robert Dembélé, le problème de la route de Kolonzo a toujours préoccupé le conseil municipal qui recherche d’ailleurs des partenaires pour mettre fin au calvaire des habitants. La mairie a d’autres projets qui attendent des financements pour le village. Elle a octroyé une vingtaine de ruches au groupement de gestion de la forêt classée du village pour favoriser la cueillette du miel.

Sachant que la route du développement passe nécessairement par le développement de la route, les habitants de Kolonzo souhaitent fortement la construction de la route reliant le village à Djibasso. Un fils du village, Nabi Issa Coulibaly, consent d’énormes efforts pour améliorer les conditions de vie de ses frères et sœurs. En matière d’éducation, il a initié une journée d’excellence qui est une occasion pour lui de galvaniser les élèves dans leurs études et de prêter main forte à leurs parents avec la dotation en fournitures scolaires. C’est aussi l’occasion pour lui de mobiliser les ressortissants du village vivant à l’extérieur, ses partenaires ainsi que les autorités nationales et communales autour du développement de Kolonzo.

Nabi Issa Coulibaly

Faire un tour à Kolonzo est certes pénible, mais cela vaut le coup car le village est un véritable site de loisir. Sous le soleil brûlant de midi, nous avons quitté ce beau village pour rejoindre Nouna. Le chaleureux accueil des habitants, le régal dû aux multiples curiosités, les images défilent dans notre tête au moment où nous retracions ces lignes. Impossible également de s’empêcher de repenser aux interminables remerciements du chef de Kolonzo, Coulibaly Paara Barthélemy âgé de 108 ans.

Le chef de Kolonzo

Le vieil homme n’a pas manqué de solliciter l’accompagnement des autorités pour l’amélioration des conditions de vie des habitants de son village.

Issa Lazare Kolga

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