mardi 16 août, 2022 | 19:27

Boucle du Mouhoun : Babou Pierre Bassinga installé dans ses fonctions de Gouverneur de la région

IMG-20220325-WA0074

Voici son discours à l’occasion de la cérémonie de passation de service qui a eu lieu ce 25 mars 2022 à Dedougou.

Devant cette auguste assemblée, je reconnais la grandeur, la magnificence et la puissance de l’éternel des armées, maître du temps et des circonstances, rocher inébranlable des siècles et roc des âges, qui me fait la grâce d’occuper une position de la haute fonction publique de notre pays, le poste de Gouverneur de région
Je voudrais remercier toutes celles et tous ceux qui ont fait le déplacement ce matin pour donner de l’éclat à la présente cérémonie.

La Région de la Boucle du Mouhoun, 6 belles provinces reparties sur une superficie de 34 000 km2 ou vivent environ 2 millions d’habitants.
Je mesure parfaitement le poids de la charge en considération du fait que la situation sécuritaire n’est pas reluisante dans notre région, une des plus grandes sinon la plus grande du pays.
Elle est même essentielle et centrale dans l’agenda des autorités de la transition.

Cest aussi de toute évidence un devoir de témoigner de la reconnaissance aux plus hautes autorités de notre pays, Son Excellence Monsieur le Président du Faso, Chef de l’État, Chef suprême des armées et Président du conseil des ministres et Son Excellence Monsieur le Premier Ministre et l’ensemble de son gouvernement ici représenté par Monsieur le Ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, natif de la région que nous avons déjà inscrit sur la liste de nos personnes de ressources.

Monsieur le Ministre,
Distinguées personnalités,
Mesdames et Messieurs,
Au début des années 1900, le commissaire du gouvernement Tardieu pouvait dire de la continuité qu’elle était de l’essence du service public à côté de l’égalité de tous devant la loi et de l’adaptabilité constante ou de la mutabilité.
C’est au nom de cette continuité que je suis là pour succéder à Monsieur Edgard Sié SOU, l’aîné, le grand frère.

Si l’on devait chercher une convergence entre les événements de nature bien différentes qui ont récemment secoué le Burkina Faso, la question de la sécurité figurerait sans doute en bonne place, apparaissant comme la pierre angulaire ». Les Groupes Armés Terroristes qui harcèlent notre région, qui acculent pratiquement quotidiennement nos populations, ont d’abord des atouts considérables que sont : une Capacité d’adaptation extraordinaire, une grande mobilité, une grande flexibilité, une grande autonomie ; toute chose qui leur assure une certaine avance sur les forces étatiques. Ils ont l’avantage de la géographie de l’incertitude car nous ne savons pas toujours où quand et comment ils vont agir.

Le terrorisme recherche un impact psychologique hors de proportion avec les effets physiques induits et les moyens utilisés dixit Raymond Aron dans paix et guerre entre nations.
La complexité de la situation réside dans la méconnaissance de l’ennemi qui, du reste, utilise des méthodes de combats non conventionnelles. Cette asymétrie induit une transformation considérable dans les rapports de forces. Les combattants matériellement insignifiants auxquels nous faisons face, se servent de nos points faibles pour parvenir à leur but ». C’est le parfait registre de la puissance de la faiblesse.

Monsieur le Ministre,
Distinguées personnalités,
Mesdames et Messieurs,
Le Burkina partage une immense frontière difficilement contrôlable avec le Mali en guerre ouverte avec les terroristes. Cette proximité géographique avec la zone des 3 frontières réputée être un repaire des groupes armés expose notre pays dans un contexte de perméabilité des frontières.
Ils ont ensuite une stratégie et des objectifs connus : réduire notre si grande et si belle région à un stade structurel, post apocalyptique dont les manifestations plausibles sont de toute évidence : la pénurie alimentaire, hyperinflation galopante, l’insécurité maximale, le désastre écologique, la crise énergétique, le délabrement sanitaire, l’émigration massive.
Pour atteindre ces objectifs, ils utilisent des modes opératoires inédits à savoir les Engins explosifs improvisés, l’embuscade, la destruction des récoltes et des champs, la destruction des écoles, des forêts, leur repaire privilégies, des centres de santé, des services de sécurité et le vol quasi quotidien de bétail. Le degré de cruauté de leur acte sur la vie des forces de sécurité et des populations rend compte que la question sécuritaire n’est ni une science infuse ni une science exacte.
Le but est de rendre illisible tout élan de développement en hypothéquant le respect des droits civils et politiques et des droits économiques sociaux et culturels inscrits dans la charte de la transition et la constitution. Ils compromettent ainsi l’implémentation de toutes les politiques de l’État qui ambitionnent dassurer un bien être aux populations.
Le projet est celui-là de confisquer la gouvernance que veut induire les pouvoirs publics en poussant le désespoir des populations à un point de non-retour pour les amener à décrier l’État.
Contre ce projet et cette entreprise déstabilisatrice qui met en péril la stabilité de notre région, la première des armes est notre capacité à rassembler nos efforts pour atteindre la croissance, la prospérité et le développement. La lutte contre le terrorisme exige un dosage équilibré de réponses conjoncturelles et structurelles. Le décloisonnement des réponses nous amènera à atteindre les exigences de sécurité humaine que se sont fixées les plus hautes autorités de notre pays.

Nous devons absolument et sans délai renforcer davantage notre action en terme de prévention, développer des signaux permettant de voir venir le danger et les crises et savoir les prévenir, désamorcer tous les mouvements de déstabilisation dont le propos, la finalité est de plonger les laborieuses populations dans le désarroi et le désenchantement. Pour cela il faut être à l’écoute de l’espérance des femmes et des hommes pour leur donner la possibilité de dire non à toute manoeuvre de séduction et toute proposition fallacieuse émanant de cet ennemi diffus et insidieux. Cest de cette manière, mesdames et messieurs, honorables invités, que nous pourrons nous inscrire en faux et faire bloc contre ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui la désubstantialisation et le démembrement de notre région.

Monsieur le Ministre,
Distinguées personnalités,
Mesdames et Messieurs,
Le droit à la vie est un droit civil et politique et la sécurité des personnes et de leurs biens est de l’ordre du régalien. Face au devoir de sa charge de faire en sorte que le citoyen burkinabè dans le hameau de culture le plus reculé du pays soit en sécurité, l’État a entrepris dans la perspective de sécuriser de façon efficace les populations, d’élaborer des politiques publiques de sécurité que sont la politique de sécurité nationale, la stratégie de sécurité nationale, la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, la Loi portant organisation générale de la sécurité nationale déjà en cours de finalisation et qui seront complétées par des stratégies spécifiques.
La création récemment du commandement des opérations du théâtre national et l’érection d’une task force sont autant d’efforts de la puissance publique qui sont la belle preuve que l’action est jointe à la communication.

Cette indispensable réforme du secteur de la sécurité doit conduire notre pays à se doter à terme de forces de sécurité bien formées, équipées, préparées et soutenues par un dispositif de renseignement moderne et performant.
La mobilisation par le chef de l’État et pour les besoins de la nation des militaires des catégories sous-officiers et militaires du rang au titre de la réserve pendant la période allant du 10 au 18 mars 2022 participe de cet engagement.
Du reste la volonté affichée des autorités de la transition d’assurer pleinement la sécurité des populations et de garantir l’intégrité du territoire figure parmi les 6 principales missions de la transition et y est inscrite en lettre dor à l’article 2 du chapitre 2 de la charte je cite : « lutter contre le terrorisme, restaurer l’intégrité du territoire national et assurer la sécurité dans une dynamique participative progressive et de consolidation », fin de citation.

Nous devons faire en sorte que notre région soit toujours citée en exemple dans tous les secteurs d’activités. Dans cette région qui a vocation à demeurer le grenier du pays, il faut, m’appuyant sur l’héritage fort riche que me lègue mon prédécesseur que je ne viens pas pour remplacer mais à qui je viens succéder dans la continuité de son action en faisant mieux et toujours plus, la restaurer dans ses droits par l’accroissement des capacités céréalières et cotonnières, la réhabilitation des cultures de contre saison et des activités d’élevage, tout cela couronné par une meilleure productivité, un meilleur rendement.

La Région de la Boucle du Mouhoun doit aussi rester ce vivier de talents et d’éminences grises dans lequel l’Etat pourra toujours venir puiser des hommes et des femmes pour le servir.
La collaboration, la cohésion entre les forces de défense et de sécurité intérieure de la région est connue et reconnue et toujours partout citée en exemple. Il faut absolument préserver cet acquis. Je salue votre sens de la mission votre honneur, le sacrifice suprême pour la nation, et la discipline dont vous faites montre.

Les volontaires pour la défense de la patrie, les compagnies privées de sécurité, initiatives locales de sécurité, volontaires adjoints de sécurité doivent travailler de façon synchronisée et dans une cohérente synergie d’actions avec les forces étatiques qui ont pour mission de les encadrer, contrôler et ceci pour éviter tout dérapage attentatoire au respect à la protection et à la promotion des droits de l’homme.

Monsieur le Ministre,
Distinguées personnalités,
Mesdames et Messieurs,
Contre cette entreprise de destruction méthodique de notre région, notre premier atout ce sont les populations avec lesquelles nous ne pouvons pas faire l’économie dune franche et sincère collaboration. Il nous faut absolument parler au cur des populations gagner leur cur et leur cur cest leur confiance. Cest de cette façon que nous allons pouvoir développer une résilience robuste. Du reste, la loi 032 du 14 mai 2003 sur la sécurité intérieure formalise et impose la participation communautaire à la coproduction de la sécurité.
Nous devons, ce faisant, unir et engager la communauté dans cette partie du pays, bannir la stigmatisation et surtout rejeter tout amalgame entre islam et terrorisme.

Un autre puissant levier à part entière est la femme de la Boucle du Mouhoun. Le rôle et la place de la femme au regard de la spécificité féminine largement évoquée dans la résolution 1325 des Nations Unies sur la femme, la paix et la sécurité adoptée à l’unanimité le 31 octobre 2000 seront également des atouts sur lesquels nous devons absolument compter dans cette lutte contre l’insécurité.

Notre mission, cest aussi de redonner de la joie de vivre par un formidable élan de solidarité, de compassion, d’empathie, aux personnes vulnérables, les Personnes Déplacées Internes, aux veuves et orphelins ; cela exige de la volonté et de la fermeté.

Nous souhaitons un prompt rétablissement à l’ensemble de nos collègues des FDS et à celles et ceux qui ont été victimes des actes innommables des groupes.
Nous devons absolument travailler à peaufiner notre usage des réseaux sociaux et se départir de toute forme de désinformation pour ne pas être des relais puissants et des partenaires et sans s’en rendre compte, du terrorisme.

Toutes nos actions doivent être en cohérence orientées vers les principes sacrosaint de la transition définis à larticle 1 du chapitre 1 du titre 1 de la charte au nombre desquelles : la transparence, la responsabilité et la redevabilité.

Monsieur le Gouverneur, cher grand frère, cher aîné, Monsieur le secrétaire général du MATDS, vous avez irradié par votre charisme et votre rayon toute la région. Esprit brillant et grand intellectuel, vous êtes un homme pétri d’expériences, un homme affable qui a su parler aux curs des femmes et des hommes de la région et ce capital d’expériences et de bonnes pratiques vous l’avez partagé avec moi ce 03 mars 2022 à votre bureau au ministère. Je voudrais le rappeler publiquement et dire que la seule chose qui me fait de la peine c’est que je ne sais par quel endroit vous témoigner de la reconnaissance. Vous voyant, me rappelle toujours ce que le philosophe Bernard de Chartres disait déjà au 12ème siècle de notre ère, je cite : « Nous sommes des nains juchés sur les épaules des géants. Nous voyons ainsi davantage et plus loin non parce que notre taille est plus haute ou notre vue plus aigüe mais parce qu’ils nous portent en l’air et nous élèvent de toute leur hauteur gigantesque » fin de citation.

Je salue votre humilité, votre simplicité, votre sens de l’État. Je serai toujours à votre école.
Cette masse critique de travail, cet héritage que vous léguez à la région est aussi le résultat de l’implication des plus proches collaborateurs : le personnel du gouvernorat et l’ensemble des corps constitués ici présents qui n’ont jamais fait léconomie d’aucun effort à vos côtés quand il s’est agi de consentir des sacrifices pour le bien-être de la région. Je voudrais les solliciter à s’engager avec moi dans la même dynamique.
Je fais une mention spéciale aux autorités coutumières et religieuses qui sont la voix intelligente et intelligible de la région, la courroie de transmission entre les populations et l’exécutif local et partant l’ami et le partenaire stratégique. Je les félicite et les remercie pour leur engagement constant dans la région et pour la région toujours aux côtés des corps constitués dans la quête de cette paix sociale et de cette sécurité. Si notre vocation est véritablement de servir les populations nous ne pouvons pas faire l’économie de les solliciter de façon constante.

Cest le lieu de saluer l’action des partenaires techniques financiers et des organisations non gouvernementales de toutes les bonnes volontés qui officient, interviennent dans la région pour soulager les souffrances de la population, de les remercier et les encourager à persévérer dans ce formidable élan d’impulsion du développement. Je leur assure de mon inconditionnelle disponibilité à les écouter, à recevoir leurs suggestions et à les aider dans la résolution des difficultés qui seront de mon ressort.

Je vais enfin dire combien je suis touché par la présence de mes frères et sœurs, amis, connaissances, les collègues à qui je demande de traduire toute ma reconnaissance au Directeur Général de la Police Nationale, la promotion, mon épouse et mes enfants venus de loin hier et aujourd’hui. Merci pour votre attachement à la région, merci pour le sens que vous donnez à la cérémonie et pour votre sens aigu du sacrifice et que l’éternel des armées aplanisse votre chemin pour le retour comme il la fait à l’aller.

Monsieur le Ministre,
Distinguées personnalités,
Mesdames et Messieurs,
Comme vous l’aurez constaté, soyez rassurés car les plus hautes autorités du pays sont en train de travailler à doter le Burkina Faso dune architecture fiable et crédible de sécurité et de construire un pilier solide sérieux et décisionnaire pour que le pays retrouve la complétude de sa défense. Elles ont absolument besoin de notre accompagnement.
Que cette année quoique déjà avancée soit pour chacun, une année de belles perspectives et de défis palpitants que vous aurez la force et les ressources de relever.

Pour terminer, je marque ma disponibilité à travailler avec toutes les composantes de la région afin de relever les défis qui se présenteront à nous.

Vive la Région de la Boucle du Mouhoun !
Vive le Burkina Faso !
Que Dieu vous bénisse au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer !
Merci pour votre aimable et soutenue attention !

Timbanews.net

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp
Email

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

mardi 16 août, 2022 à 13:39
mardi 16 août, 2022 à 13:39
Santé : La Covid-19 toujours d’actualité
mardi 16 août, 2022 à 13:29
mardi 16 août, 2022 à 11:54