jeudi 23 septembre, 2021 | 7:56

Le commerce dans les cars : Une pratique en vogue au Burkina

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Si vous voyagez souvent par le biais du transport en commun, le phénomène ne vous est donc pas étranger. Ils sont de plus en plus nombreux ces jeunes qui recherchent leur pain quotidien dans les cars. Plongeons nous dans l’univers de ces commerçants modernes.

Ne pas attendre le client, mais aller à sa recherche, telle est la tendance actuelle dans le monde du commerce. C’est ainsi que le transport en commun est désormais la cible d’un type de commerçants. Ils passent la journée dans les cars pour vendre leurs articles. Les produits de soins sanitaires sont les plus proposés aux passagers.

Ahmed Zongo est l’un des premiers Burkinabè à se lancer dans cette activité. Il exerce le métier, en plus d’une dizaine de jeunes, depuis environ sept ans sur l’axe Dedougou-Bobo. D’après lui, le commerce dans les cars est appelé << bâillement >>, dans leur jargon. Cette appellation tirée du nouchi signifierait l’art de parler pour convaincre. << Le bâillement a commencé dans les années 1986 au Ghana. Après la Côte d’Ivoire, c’est arrivé au Burkina vers 2000 >>, nous apprend-il.

<< Après de longs séjours à Accra au Ghana et à Abidjan en Côte d’Ivoire, je suis rentré au pays en 2014. Depuis, le bâillement est mon métier >>, explique Ahmed Zongo. A la question de savoir si le métier nourrit son homme, il a répondu en ces termes : << Ma famille et moi vivons de ce travail >>.

Lorsqu’un << bailleur >>, ainsi se font-ils appelé, entre dans un car, il se fait remarquer tout de suite à travers sa courtoisie. Après les salutations d’usage, il demande des excuses aux passagers. Dans une éloquence teintée d’humour, il expose alors ses produits, des démonstrations et des témoignages à l’appui. Il y a deux sortes de clients : les habitués qui achètent sans poser des questions et les nouveaux, qui au terme d’une discussion avec le vendeur, viennent au bout de leur scepticisme et achètent à leur tour.

Ahmed Zongo en discussion avec un client

En ce qui concerne l’accès de ces commerçants aux cars, il n’y aurait pas de conditions fixes. << Avec certaines compagnies, c’est payant mais avec d’autres, c’est gratuit. Pour ce qui me concerne, on me laisse vendre sans réclamer quelque chose. Plusieurs fois, des chauffeurs ont refusé lorsque j’ai voulu leur donner de l’argent. Quant aux passagers, ils sont compréhensifs. Je n’ai jamais eu un problème avec l’un d’eux. Je reçois régulièrement plutôt des témoignages de satisfaction >>, affirme Ahmed Zongo.

Aminata Konaté une cliente fidèle d’Ahmed Zongo. << Depuis plusieurs années, j’achète ses produits chaque fois que je voyage. Cela signifie que j’y trouve mon compte. J’apprécie particulièrement ses pâtes dentifrices et son médicament contre les hémorroïdes >>, nous confie-t-elle.

Aminata Konaté

Achille Kalifara Sibi, est lui aussi, un fidèle client d’Ahmed. Pour lui, l’initiative des << bailleurs >> est salutaire.

Achille Kalifara Sibi

<< Souvent, on a besoin de certains produits difficiles à trouver. Mais ces marchands nous facilitent la tâche. Il y a surtout que leurs produits sont efficaces >>, affirme-t-il.

Issa Mada Dama

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